Espèces invasives

À l'heure actuelle, le Syndicat est surtout concentré sur la lutte contre le myriophylle du Brésil sur la mare de Lieury (Commune de l'Oudon, Calvados). Régulièrement des campagnes d'arrachage du myriophylle sont réalisées sur cette mare afin d'affaiblir la plante et d'entrainer une diminution des repousses. Le S.M.B.D., à travers sont programme d'entretien intramuros des berges de la Vie sur Vimoutiers, participe aussi à la lutte contre les foyers de renouée du Japon se développant sur les berges de la Vie. D'autres espèces invasives sont répertoriées sur le bassin de la Dives mais ne font pas l'objet d'une lutte généralisée. Les stations de plantes invasives, localisées le long des cours d'eau, sont éradiquées au fur et à mesures des passages de programmes d'entretien et de restauration des cours d'eau. Des conseils d'aide à la reconnaissance des espèces invasives et à la lutte peuvent être donnés aux particuliers concernés par ces plantes.
La lutte contre les espèces invasives animales (notamment le ragondin et le rat musqué), n'est pas encore mise en place au sein du Syndicat.
Dans les onglets suivants, vous trouverez une description des espèces (animales et végétales) invasives les plus répandues sur le bassin de la Dives, les moyens de les reconnaitre, les conséquences de leur implantation sur l'environnement, l'économie et la santé humaine, ainsi que les méthodes de gestion qui peuvent être mises en place pour leur éradication. 
  • Myriophylle du Brésil
Description :
Le myriophylle du Brésil est une plante vivace, amphibie enracinée produisant des feuilles vert glauque finement découpées. Il développe des tiges noueuses flottant entre deux eaux pouvant atteindre 3-4 m de longueur, ainsi que des tiges érigées jusqu’à 40 cm au dessus de la surface. Ses feuilles sont densément couvertes de glandes papilleuses qui donnent l’aspect vert-grisâtre caractéristique de la plante. (photo gros plan du myriophylle)
Origine :
Le myriophylle du Brésil est originaire d'Amérique du sud et se rencontre fréquemment dans le sud-ouest de la France. Introduit pour la première fois en France au cours du XIXème siècle dans la région bordelaise et initialement utilisé en aquariophilie et pour l’aménagement des bassins d’agrément, il fut introduit accidentellement ou volontairement dans les milieux naturels.
Biotope :
Cette plante s’installe dans des milieux stagnants ou à faible courant, de préférence peu profonds. L’ombrage est un facteur limitant son développement, donc le myriophylle préfère des lieux bien éclairés. Il se développe à partir des rives, puis s’étend ensuite sur l’eau et s’enracine ultérieurement dans les sédiments. La plante peut développer des tiges jusqu'à 40 cm au moins au-dessus de la surface des eaux et coloniser des fonds jusqu'à trois mètres. Elle colonise des fonds vaseux peu profonds mais peut aussi s'installer sur des fonds sableux. Zones humides, réseaux de fossés, bordures des plans d'eau et des cours d'eau lents constituent ainsi les biotopes privilégiés de cette espèce.
Modalités de propagation :
L’espèce se propage par bouturage, donc la reproduction végétative constitue l’essentiel de son mode de reproduction.
Ses capacités de propagation, additionnées à une production de biomasse importante, conduisent rapidement à la formation d’herbiers monospécifiques pouvant, à terme, occuper l’ensemble de la surface d’une pièce d’eau. Sa croissance est favorisée par des eaux riches en nutriments. 
Impacts et nuisances :
  • Sur l’environnement: 
Les herbiers de myriophylle du Brésil, monopolisent l’espace et les ressources en lumière en surface, et entrent en compétition avec la flore indigène (notamment avec les espèces amphibies et aquatiques strictes) diminuant ainsi la diversité locale. Lorsque la surface est entièrement colonisée par ce tapis végétal, il limite la diffusion de l’oxygène de l’air causant une asphyxie du milieu aquatique, menaçant ainsi la faune aquatique. 
Mare de Lieury (Commune de l'Oudon, Calvados), en juin 2010, taux de recouvrement du myriophylle à  100%
  
  • Sur l’économie et les activités humaines: 
La prolifération de cette espèce occasionne une gêne pour la pratique des activités de pêche et de navigation. Lorsque les foyers sont importants, ils peuvent occasionner ou amplifier des phénomènes de crue en amont. Enfin, la gestion de l’espèce engendre des coûts d’entretien non négligeables pour les collectivités, notamment lorsque les fossés et les plans d’eau sont envahis.
  • Sur la santé humaine:
La plante en elle-même ne présente pas de risque pour la santé humaine.
 
 Méthodes de gestion :Pour des surfaces ponctuellement infestées, l’arrachage manuel à partir des rives ou à l’aide d’embarcations montre de bons résultats et constitue la méthode la plus fine pour assurer l’élimination de toutes les parties de la plante. De plus, cette technique est la moins traumatisante pour le milieu naturel et présente un risque moindre de propagation de boutures.
L’arrachage mécanique visant à retirer les parties aériennes de la plante ainsi que ses racines à l’aide d’un godet adapté peut s’avérer utile dans le cas de surfaces et de volumes importants à traiter.
Quelle que soit la méthode employée, il est impératif de protéger le chantier avec des « filtres » pour éviter la contamination d’autres zones. Ces filtres seront à placer en amont et en aval de la zone d’intervention et plus généralement au niveau de toutes les connexions avec les autres pièces d’eau.
La mise en place de tels filtres est soumise à déclaration et une autorisation est à demander au préalable de tout chantier auprès de la Direction Départementale du Territoire et de la Mer.
Un écumage de la surface de l’eau (à l’aide d’épuisettes) est à pratiquer également lors des travaux de gestion afin de récupérer les boutures qui sont susceptibles d’aller coloniser d’autres zones.L’utilisation de produits chimiques est à proscrire dans les milieux où prospère le myriophylle (mare, fossés, milieux aquatiques).
ATTENTION : On trouve encore très fréquemment le myriophylle du Brésil en vente, notamment dans les jardineries. En effet, sa commercialisation n’est pas encore interdite: n’encouragez pas sa dispersion en l’achetant et préférez d’autres espèces pour l’ornement de votre pièce d’eau !
 
  • Renouée du Japon
Description :
La renouée du Japon est une plante herbacée vivace à rhizome (tiges souterraines bien développées et lignifiées) formant des fourrés denses d’une hauteur pouvant aller jusqu’à 3 m ou 4 m. Les tiges sont de couleur verte piquetées de petites taches rougeâtres. Elles sont creuses, cassantes et flétrissent chaque année dès les premières gelées (elles sont néanmoins toujours visibles durant l’hiver). Les fleurs de couleur blanc crème et blanc verdâtre se développent en panicule plus ou moins lâches de 8­12 cm de longueur. La feuille est largement ovale, atteignant 15 à 20 cm de long et est brusquement tronquée à la base.

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Origine :
Originaire des régions méridionales et océaniques d’Asie orientale, elle a été introduite en 1825 et 1869 en Europe. Elle s'est naturalisée à la fin du XIXème siècle et est devenue envahissante en Europe après une période de latence de 100 ans environ. En France, elle a été introduite volontairement en 1939 comme plante ornementale. Elle est actuellement répandue en Amérique du nord, en Nouvelle-Zélande ainsi que sur toute l’Europe occidentale et centrale et donc sur l’ensemble du territoire français.
Biotope :
La renouée pousse dans les milieux humides et ensoleillé, milieux où les conditions d’alimentation lui sont très favorables. Elle se développe préférentiellement en bordure de fossés et de cours d’eau dont les berges ont été remaniées ou à proximité mais on la rencontre aussi fréquemment sur des milieux plus secs (friches, bord de route...) où son caractère invasif est plus limité. Elle a une préférence également pour les terrains un peu acides.
Modalités de propagation :
L'espèce est généralement stérile en Europe. La floraison n’intervient qu’en automne (septembre-octobre) et les plantes parviennent rarement à produire des graines viables. La renouée est donc disséminée essentiellement par multiplication végétative à partir de fragments de rhizomes et de boutures des tiges. Cette dissémination est réalisée naturellement par l’eau, l’érosion des berges des rivières et parfois les animaux, mais l’homme en porte une grande responsabilité par déplacement des terres « contaminées » par la renouée, à l’occasion de travaux d’aménagement (construction et entretien des routes et autres voies de communication, réseaux d’assainissement, aménagements de cours d’eau ou d’espaces verts, etc.). Chaque fragment de la plante peut ainsi, en fonction des conditions, redonner naissance à un nouvel individu. 
Impacts et nuisances :
  • Sur l'environnement : 
La renouée est une plante à progression rapide qui passe la mauvaise saison grâce à ses rhizomes allant profondément dans le sol. Son feuillage très dense menace la flore indigène par privation de lumière. Sa croissance rapide et sa reproduction végétative permettent l’installation de populations denses et monospécifiques. En bord de rivière, les peuplements étendus empêchent la régénération naturelle des boisements alluviaux et favorisent ainsi l’érosion des berges (celles-ci restant à nu l’hiver). La renouée du Japon sécrète des substances toxiques pour les autres végétaux. Par sa présence de plus en plus fréquente sur les haies de bords de route, la Renouée du Japon modifie localement le paysage du bocage. Mais son incidence sur la biodiversité est surtout perceptible dans les milieux humides, ripisylves, bois humides et berges de cours d’eau. Elle peut générer une transformation des écosystèmes fluviaux (érosion des berges, compétition interspécifique, assombrissement des sous bois). Dans certaines régions, sa prolifération est la cause de dégradation de barrages ou de ponts.
  • Sur l'économie et l'activité humaine :
Les massifs de renouée constituent une entrave à l’accès des usagers des cours d’eau : pêcheurs et promeneurs, entre autres. Son implantation au niveau des dépendances routières, des friches et des bords de voies ferrées peut porter atteinte à la sécurité en limitant la visibilité. Leur fauchage, rendu obligatoire dans certaines de ces zones, constitue un coût non négligeable chaque année.
  • Sur la santé humaine :
La plante en elle-même ne présente pas de risque pour la santé humaine. 
 
Méthodes de gestion :
L’éradication totale et définitive de la renouée est illusoire. Il est nécessaire de mettre en place une gestion à long terme pour maîtriser l’expansion de l’espèce sur les sites où elle s’est implantée, notamment en bordure de cours d’eau.
Il est indispensable en premier lieu de réaliser un bon diagnostic de la situation cartographie des foyers et de leur ampleur afin de fixer des unités géographiques cohérentes de travaux. L'objectif ensuite est d'éviter la dissémination à partir des foyers les plus importants, de limiter leur expansion voire de les faire régresser, et d'éradiquer l'espèce là où les populations sont très peu développées. L'extraction des rhizomes (qui peuvent atteindre 10 m de longueur et s’enfoncer jusqu’à 3 mètres de profondeur) du sol est une méthode fastidieuse et illusoire. Cette technique se révèle peu efficace car il est difficile d'extraire l'ensemble des rhizomes du sol.
Les fauches répétées affaiblissent la plante : il est conseillé de les pratiquer tous les 15 jours ou 6 à 8 fois par an et ce, du mois de mai au mois d’octobre. Il est possible de détruire les nouveaux pieds de Renouées en déterrant tout le rhizome (encore assez jeune et donc pas trop profondément enfoui).
La couverture du sol avec du géotextile permet d’empêcher à la plante d’accéder à la lumière et aux jeunes pousses de se développer et s’avère particulièrement utile pour replanter de jeunes ligneux. Il est nécessaire de s’assurer très régulièrement de son imperméabilité vis-à-vis des repousses de renouée qui peuvent le traverser, et de le réparer le cas échéant.
La lutte mécanique par terrassement, d’un coût très élevé, est aussi envisageable : la terre est à excaver sur une profondeur de 3-4 m puis tamisée.Attention, quelque soit les opérations envisagées, il faut prévoir la récupération de toutes les parties végétales coupées pour ensuite les brûler et ainsi éviter la repousse de la renouée par bouturage.L’utilisation de produits chimiques est à proscrire à proximité des milieux aquatiques (berges, plans d'eau, fossés...), soit sur une grande partie des milieux où prospère la renouée du Japon.La reconstitution des peuplements forestiers et ripisylves (berges boisées des cours d’eau) représente certainement le mode de contrôle le plus approprié des espaces naturels envahis. La plantation dense de ligneux indigènes après une fauche et un recouvrement sous bâche de la renouée permet de créer un ombrage défavorable à la renouée et ainsi de limiter son expansion.
Aujourd'hui elle est considérée comme une plante envahissante et n'est plus commercialisée, même pour l'ornement.

 
  • Balsamine de l'Himalaya
Description :
Aussi appelée Impatience de l'Himalaya ou balsamine géante, c'est une plante annuelle herbacée, robuste et haute de 1 à 2 mètres. La tige est rougeâtre, dressée et peut présenter des racines adventives. Ses longues feuilles dentées opposées ou verticillées par 3 et ses grandes fleurs pourpres ou rarement blanchâtres longues de 2,5 à 4 cm, munies d’un éperon fortement courbé la rendent facilement reconnaissable. Le fruit (une capsule) est allongé et, à maturité, éclate au moindre contact, projetant les graines jusqu’à une distance de plus de 2 m.
Balsamine de l'Himalaya
 
Origine :
La balsamine est originaire de l’ouest de l’Himalaya (du Cachemire au Népal) où elle se développe entre 1800 et 3000 mètres d’altitude. En France, elle a été introduite comme plante ornementale au XIXème siècle. Elle est désormais présente dans les zones de montagnes et aux bords des cours d'eau, et s'est progressivement naturalisée sur l’ensemble du continent mais n’est devenue invasive que depuis une cinquantaine d’années.
Biotope :
La balsamine affectionne les milieux frais comme les berges des rivières et des canaux, les fossés, les talus humide ou les lisières de forêts. On la rencontre rarement dans des milieux plus secs (échappée de jardin). C’est une espèce nitrophile qui recherche plutôt la lumière et les sols riches en éléments fins, elle est indifférente au pH.
Modalités de propagation :
Elle a une croissance très rapide mais se reproduit essentiellement par graines ou par bouturage. La production par la balsamine géante de très nombreuses graines (environ 800 graines par plant éjectées jusqu'à 2 m de ce dernier) lui permet une grande capacité de propagation. Elle se reproduit également de manière végétative, par bouturage de tiges ou des racines, ce qui peut également assurer une dissémination efficace lors de crues permettant à la plante de coloniser rapidement l’ensemble des berges d’un cours d’eau.
 
Impacts et nuisances :
  • Sur l’environnement :
Les colonies de balsamine conduisent à une augmentation de l’érosion des berges et des terrasses alluviales (les alluvions restant à nu en hiver après la disparition de la plante). Ses peuplements luxuriants en bordure des rivières peuvent entraver l’évacuation du flot des eaux lors de phases de crue. Ils induisent également une baisse de la biodiversité naturelle des zones alluviales et des rives, en particulier pour les espèces héliophiles de petite taille, concurrencées par l’ombre des peuplements denses de la balsamine géante.
  • Sur l'économie et l'activité humaine :
En contexte alluvial, la balsamine peut constituer un obstacle à l’écoulement des eaux lors des crues et rendre l’accès difficile aux berges pour les usagers (pêcheurs, promeneurs etc.).
  • Sur la santé humaine :
La plante en elle-même ne présente pas de risque pour la santé humaine.
 
Méthodes de gestion :
L’éradication totale et définitive de la balsamine de l’Himalaya ne paraît pas possible. Il est nécessaire de mettre en place une gestion à long terme pour maîtriser l’expansion de l’espèce le long d’un cours d’eau où elle s’est implantée.
L’arrachage manuel en fin de printemps (avant la floraison et donc la production de graines) apparaît la meilleure solution. Cet arrachage est plus fastidieux qu’épuisant, la balsamine se développant le plus souvent dans des sédiments mous déposés par la rivière, son enracinement est très superficiel. Cette opération est à réaliser obligatoirement sur trois années consécutives afin de mettre à mal la banque de graines (le pouvoir germinatif des graines semble se maintenir deux années seulement). Un suivi est à mettre en place par la suite pour réagir si nécessaire.
La fauche peut-être une autre méthode de gestion, sur des surface plus étendues. Celle-ci est à réaliser juste avant la floraison. Il est impératif de faucher la plante en dessous du premier nœud pour éviter toute repousse. Il est recommandé de pratiquer une deuxième fauche 3 à 4 semaines après le premier passage. Ces deux opérations sont à réaliser plusieurs années de suite afin d’éliminer les massifs de balsamine du milieu et d’épuiser le stock de graines contenu dans le sol.
Attention cependant, la fauche favorisera la propagation de la balsamine par bouturage : le moindre fragment de tige comportant un nœud, une fois emporté par le courant, ira irrémédiablement s’échouer et s’enraciner un peu plus loin, formant l’année suivante un nouveau massif de balsamines. De plus, si l’on ne fauche pas au ras du sol, la plante peut produire la même année de nouvelles tiges, de nouvelles fleurs et de nouvelles graines à partir du premier nœud restant en place… Il faut donc se montrer très prudent dans cette opération et bien récupérer et éliminer toutes les parties végétales coupées.
L’utilisation de produits chimiques est à proscrire dans les milieux où prospère la balsamine (berge de cours d’eau, proximité de milieux aquatiques).
 
Aujourd'hui elle est considérée comme une plante envahissante et n'est plus commercialisée, même pour l'ornement.

 
  • Berce du Caucase
Description :
La berce du Caucase peut atteindre 3,5 m de hauteur ce qui en fait la plus grande plante herbacée d’Europe. Sa tige épaisse et creuse peut atteindre plus 5-8 cm de diamètre. Ses feuilles sont profondément découpées en 3 ou 5 divisions, irrégulièrement lobées et bordées de dents aiguës. Elles mesurent généralement de 50 cm à 1 m de longueur avec un pétiole à section cylindrique et ponctué de taches rouges . Ses fleurs blanches sont disposées en ombelles constituées de 50-120 rayons hérissés, atteignent 50 cm de diamètre. La berce du Caucase fleurit la 3ème ou 4ème année, puis meurt. La floraison a lieu en été (entre juin et septembre) et la fructification à l’automne. Les fruits (akènes) sont aplatis de 9-14 mm et sont bordés de poils hérissés.
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Origine :
Cette espèce, originaire du Caucase, a été introduite en Europe du Nord et de l’Ouest au XIXème siècle comme plante ornementale. Après une période de latence de près d’un siècle, elle révéla son caractère invasif à partir du milieu du XXème siècle. Elle est largement répandue à présent dans ces régions européennes et considérée comme une espèce invasive parmi les plus problématiques.
Biotope :
Cette plante nécessite un sol suffisamment humide et un substrat bien pourvu en azote. Les sols acides sont évités. Dans ces conditions, la berce du Caucase envahit les talus le long des bords de route, les terrains vagues et les friches, mais également les berges des rivières, parfois en compagnie de la renouée, ou encore sur des friches minières voire des coteaux calcaires et les lisières forestières. Elle est favorisée par les perturbations de milieux notamment le remaniement du sol.
Modalités de propagation :
Les plantes ont un développement uniquement végétatif les 2 ou 3 premières années, durant lesquelles elles accumulent des réserves. La berce du Caucase se reproduit uniquement par la voie sexuée et se dissémine donc exclusivement par les graines qu’elle produit (plus de 10000 par individu). La plante colonise ainsi de nouveaux espaces soit de proche en proche lorsque les graines tombent au sol, soit à plus grande distance lorsqu’elles sont emportées par l’eau (notamment lors des crues) ou par le vent.
Elle est encore très souvent implantée par l'homme et utilisée pour l'ornement.
 
Impacts et nuisances :
  • Sur l'environnement :
La berce du Caucase est une espèce très compétitive, qui par sa croissance rapide et sa grande taille, élimine la plupart des espèces indigènes là où elle s'implante (bords de fossés, talus) en monopolisant l’espace, les ressources nutritives et la lumière nécessaires à l’établissement et à la survie de la végétation herbacée et des jeunes ligneux. Ce phénomène de monopolisation des ressources induit ainsi la disparition locale des espèces indigènes. Il amplifie également l’érosion au niveau des berges des cours d’eau, lorsque celles-ci sont dépourvues de ripisylve.
  • Sur l'économie et l'activité humaine :
Les grandes populations qu’elle peut former, notamment le long des cours d’eau, représentent une entrave à l’accès et à la circulation des pêcheurs et des promeneurs. Sur le plan économique, leur élimination au niveau des bords de route, pour garantir la visibilité aux usagers engendre des coûts non négligeables aux équipes d’entretien des collectivités locales.
  • Sur la santé humaine :
Toutes les parties de la plante contiennent des substances chimiques qui provoquent, suite à un contact direct avec la peau, de fortes réactions allergiques, surtout après exposition au soleil. La peau devient alors rouge, gonflée et de grandes cloques apparaissent au bout d’un ou deux jours. Ces lésions ont l’aspect de brûlures qui peuvent être graves. En cas de contact avec la plante il est conseillé de laver la zone concernée avec beaucoup d’eau et de savon et de traiter la blessure comme s’il s’agissait d’une brûlure. Le contact avec les muqueuses (œil, bouche...) nécessite un traitement approprié.
 
Méthodes de gestion :
L’idéal est d’intervenir le plus tôt possible lorsque la population est encore bien circonscrite : une élimination manuelle de la plante est possible sur les jeunes plants tout en veillant à extraire l’appareil racinaire. Pour les pieds adultes une coupe juste avant la floraison est nécessaire et à renouveler quelques semaines plus tard voire une troisième fois également. Il s’agit de déterrer l’extrémité supérieure de la racine à l’aide d’une bêche et de la sectionner juste en dessous du collet. En effet, c’est au niveau de cette partie que de nouvelles repousses qui, bien que plus chétives, peuvent engendrer de nouvelles ombelles et donc des graines dans la même année. En tranchant juste au dessous de cette zone, on s’assure de la mort de la plante.
Un contrôle agronomique par pâturage ovin, bovin ou équin peut également être réalisé car ces animaux consomment la berce du Caucase à son stade juvénile. Il est cependant indispensable d’éliminer dans un premier temps les individus adultes manuellement, car ils présentent un risque de brûlure sur les animaux. Cette méthode donne de bons résultats et permet l’élimination de l’espèce au bout de quelques années.
Attention, l’utilisation de produits chimiques est à proscrire à proximité des milieux aquatiques (berges, plans d'eau, fossés...), soit sur une grande partie des milieux où prospère la Berce du Caucase.Lors du chantier toutes les précautions doivent être prises pour éviter de propager l’espèce : réaliser les chantiers nettement avant la floraison, éliminer tous les produits des coupes et arrachages. Ensuite une surveillance et des chantiers annuels et réguliers sont indispensables.
 
Des précautions vestimentaires sont à prendre avant toute opération sur le terrain :
- le port de gants imperméables est impératif ;
- l’intégralité du corps doit être protégée de manière à éviter le contact direct de la peau avec la plante : le port de vêtements à manches longues, voire d’une combinaison, est indispensable.
 
ATTENTION : On peut trouver la berce du Caucase en vente, notamment sur internet. En effet, sa commercialisation n’est pas encore interdite : n’encouragez pas sa dispersion en l’achetant et préférez d’autres espèces pour l’ornement de votre jardin !
 
  • Ragondins
Description :
Massif, avec une grosse tête surmontée de petites oreilles, les pieds palmés, son poids va de 5 à 10 kg (à l'âge adulte). Il se caractérise par un pelage gris-brun, très épais et soyeux en hiver. Sa taille peut aller jusqu'à 1 m dont les 2/3 sont constitué par une longue queue, quasiment glabre. Comme tous les rongeurs, il possède de grandes incisives. Celles du ragondin sont imposantes, très visibles, d'une couleur orangée tirant sur le rouge.
 Ragondins
 
Origine :
Le ragondin est un mammifère aquatique originaire d'Amérique du Sud.
Il a été introduit en France à la fin du XIXème Siècle (années 1880) afin d'exploiter sa fourrure. La valeur commerciale de sa fourrure, sa bonne adaptation aux conditions climatiques et son bon taux de reproduction ont grandement favorisé la multiplication des élevages en France. L’emploi d’enclos inadaptés a permis le retour à la liberté de beaucoup de ces animaux. À ces évasions s’ajoutent des lâchers volontaires par des éleveurs en faillite lors de la crise des années 30.
Caractéristiques biologiques :
  • Habitat :
    Dans les pays d’introduction, l’habitat de ce rongeur est très diversifié puisqu’il occupe les zones de marais, les rivières, les fossés de drainage, les étangs et les « trous d’eau », les retenues collinaires et d’eau potable ou encore les lagunes des stations d’épuration. Les digues, avec leur communauté de plantes aquatiques et semi-aquatiques, sont une importante composante de cet habitat, ainsi que les marais et étendues de roseaux. Le terrier, généralement localisé le long des cours d’eau, est un système complexe de chambres et de couloirs pouvant s’étendre sur plusieurs mètres. Le terrier est souvent une ancienne habitation de rat musqué dont les tunnels sont élargis pour atteindre un diamètre de 20 à 23 cm.
    Les déplacements du ragondin sont assez réduits en comparaison de ceux d’autres rongeurs et relativement à leur taille. Pour la plupart, ils sont limités aux voies d’eau et à leurs abords, la marche terrestre leur étant difficile. Parfois, des ragondins sont emportés par des inondations et colonisent ainsi de nouveaux sites.
    C'est animal diurne et relativement discret, vivant en petits groupes familiaux.
  • Régime alimentaire :
    Le ragondin est un animal exclusivement herbivore. Il se nourrit d'une grande quantité de végétaux : plantes aquatiques, racines, écorces, mais aussi légumineuses et graminées cultivés (blé, maïs, …). C'est un opportuniste qui se nourrira de tous les végétaux qu'il trouve quelque soit leurs stade de développement.
  • Reproduction :
    Le ragondin atteint sa maturité sexuelle à l'âge de 6 mois. La femelle fait chaque année entre 1 et 3 portées de 5 à 7 petits chacune. La gestation dure environ 130 jours, les petits sont allaités pendant approximativement deux mois. En un an, un seul couple engendre donc 16 nouveaux individus.
  • Modalités de propagation :
    Les prédateurs naturels du ragondin (caïman et félins comme le jaguar, le puma et l’ocelot), ne sont évidemment pas présents dans les pays d’introduction. En France, seuls les jeunes sont vraisemblablement victimes de quelques espèces comme l’hermine, le renard, la loutre, le putois, … Bénéficiant d'un climat favorable, disposant d'un habitat conforme à ses besoins, très prolifique, le ragondin s'est naturellement développé et comme d'autres espèces dites invasives a colonisé l'ensemble du territoire français, à l'exception des zones montagneuses, avec une nette surabondance dans les régions estuariennes.
    Le ragondin est susceptible de contracter de nombreuses maladies, qu’elles soient bactériennes ou virales, certaines étant transmissibles à l’homme et aux animaux. L’effet de ces différentes infections sur la population des ragondins est cependant très difficile à évaluer. Le seul facteur important de mortalité connu est le froid. Le gel et la neige rendent en effet la nourriture du ragondin inaccessible et empêchent ses déplacements. Cependant, la mortalité est considérable seulement si ces conditions perdurent plusieurs jours.
    Il est à noter que ses effectifs sont en régression dans son aire d'origine.
Impacts et nuisances :
  • Sur l'environnement :
L’impact du ragondin sur le milieu naturel n’a pas fait l’objet d’études spécifiques et se trouve donc relativement peu documenté. Il est d’autre part difficile à mesurer en l’absence de paramètres objectifs et de données de référence avant l’introduction de l’espèce. On sait cependant que le ragondin est un gros consommateur de végétaux aquatiques, qui peuvent, dans certains cas, être fortement réduits voire éliminés des secteurs à forte densité. La réduction ou la disparition de ces végétaux entraîne une modification des conditions de courant qui, à son tour, entraîne une modification des conditions nécessaires à la survie des espèces. La plus fréquemment citée est la disparition des zones de frayères pour plusieurs espèces de poissons, ce qui est probablement aussi le cas pour les zones de ponte de plusieurs mollusques et insectes aquatiques. De manière plus anecdotique, le Ragondin peut aussi occasionnellement provoquer la destruction de couvées d’oiseaux aquatiques se trouvant sur son passage.
  • Sur l'économie et les activités humaines :
L’impact du ragondin sur les activités humaines est en revanche beaucoup mieux connu car il interfère avec des activités à vocation économique où les pertes, outre leur effet psychologique, sont chiffrables. Ces dégâts sont dus à 2 particularités du ragondin décrites précédemment :
- Ses habitudes alimentaires herbivores et peu sélectives,
- Sa propension à creuser des terriers.
 
Le ragondin est un herbivore peu sélectif qui consomme naturellement une grande variété d’espèces végétales. On retrouve cette diversité dans les espèces qu’il consomme, puisqu’on en connaît au moins 31 (maïs, blé, …). Sa taille importante lui impose des besoins nutritionnels élevés, puisqu’ils représentent 1,2 à 2,5 kg de végétaux frais par jour pour un ragondin adulte. Si la végétation naturelle couvre l’essentiel de ces besoins à la belle saison, il n’en est plus de même à partir de l’automne, lorsque la disponibilité de nourriture dans le milieu naturel diminue et que les populations de ragondins se trouvent à leur maximum. C’est à cette période que la plus grande partie des dégâts sur cultures est constatée. Ces dégâts sont le plus souvent localisés le long des voies d’eau, à une distance excédant rarement 20 mètres, car le ragondin se déplace peu à terre.
L’habitude qu’a le ragondin de creuser des terriers communiquant avec l’eau a des conséquences négatives sur les voies d’eau et les ouvrages hydrauliques, soit de manière directe (érosion) soit de manière indirecte (envasement).
 
Les dégâts sur voies d’eau touchent prioritairement les berges, mais aussi les canaux, les fossés et autres réseaux. Un terrier de ragondin occupe un volume important, de l’ordre de 0,3 à 1,5 m³ en moyenne, et la densité des terriers peut être de 1 tous les 50-60 mètres de berge en zone de forte densité. De tels volumes de terre rejetés dans les voies d’eau constituent déjà un facteur d’envasement non négligeable qui contribue à freiner voire annuler le courant dans certaines zones. Mais l’effet le plus direct est celui de la fragilisation des berges par les terriers : leurs bouches accélèrent l’érosion à la base des berges par le courant, et leur effondrement provoque le ravinement des parties hautes des berges. Le curage et le re-calibrage des voies d’eau, rendus nécessaires à cause de cet envasement, sont à compter parmi les effets secondaires les plus fréquents et les plus coûteux de l’action de minage des berges par le ragondin. Bien que le ragondin soit incriminé dans la plupart des cas, on ne peut pas pour autant le rendre responsable de l’ensemble de ces dégâts. Le rat musqué, lui aussi introduit du continent américain partage la responsabilité de ces dégâts dans les régions où il cohabite avec le ragondin.
 
Les dégâts aux ouvrages hydrauliques touchent le plus souvent des vannages, des digues, des levées ou des remblais mais aussi des buses, abreuvoirs ou chemins. Une digue ou une levée percée par des terriers devient le siège de pertes d’eau. Celles-ci sont en général faibles, mais peuvent devenir importantes, voire catastrophiques en cas de rupture. Comme dans le cas des dégâts aux voies d’eau, la responsabilité ne peut être entièrement portée par le ragondin. Le rat musqué est aussi impliqué.
  • Sur la santé humaine :
Des parasites comme la Grande Douve du foie ou des maladies bactériennes comme la Leptospirose peuvent être transmis par ce rongeur.
La Leptospirose est une maladie transmissible de l’animal à l’homme et inversement. Les bactéries responsables ne peuvent survivre qu’en milieu aqueux (eau, sang, urines, …), elles affectionnent les eaux légèrement basiques chargées de matière alcaline (eaux stagnantes) où elles se maintiennent.
La bactérie se fixe préférentiellement sur 2 organes : foie et rein. La pénétration se fait au travers des muqueuses (œil notamment). Les matières contaminantes sont l’urine et le sang en début d’infection. 300 à 600 cas humains sont recensés annuellement sur le territoire métropolitain mais, la déclaration n’étant pas obligatoire, on peut estimer que ce nombre est nettement sous évalué. Très peu de décès sont cependant enregistrés (2 à 20% des cas). Les personnes les plus particulièrement exposées sont celles pouvant avoir un contact avec des eaux potentiellement souillées ou des animaux potentiellement vecteurs (piégeurs, chasseurs, pêcheurs, éleveurs, agents d’abattoir, personnels chargés des travaux fluviaux ou de drainage, égoutiers chez qui la Leptospirose est classée maladie professionnelle).
  • Méthodes de gestion :
Depuis la fin des années 80, le ragondin est classé comme nuisible.
L'empoisonnement étant interdit depuis 2002, il n'y a que deux méthodes pour réguler les populations : le piégeage et le tir au fusil.
Le piégeage est une méthode efficace et discrète car silencieuse. Elle permet de réguler les populations situées dans les zones ou le tir au fusil n'est pas possible, au bord des routes ou bien à proximité des habitations. Elle peut être sélective si elle est faite avec des cages. Un avantage non négligeable est que l'animal est systématiquement récupéré et que la dépouille peut ainsi être valorisée (traitement de la peau, utilisation de la viande). Elle est toutefois astreignante (visite journalière des pièges) et nécessite du matériel et des compétences certaines (agrément de piégeur).
Le tir au fusil est l'autre méthode utilisée. Durant la saison de chasse (de l'ouverture générale au 31 mars), le ragondin est considéré comme gibier et peut donc être tiré par tout chasseur en règle (avec un permis de chasse validé). En dehors de cette période (du 31 mars à l'ouverture générale), le tir du ragondin est également autorisé, sans formalité particulière (à condition d'être à moins de 50 m d'un cours d'eau) : le permis de chasse suffit et la cartouche acier est obligatoire. Cette seconde méthode à l'avantage d'être appliquée par un plus grand nombre de personnes. À contrario, elle est plus difficile car elle se pratique nécessairement à l'approche où à l'affût. De plus, les dépouilles sont plus difficilement récupérables.
Le ragondin peut être également régulé à l'arc, dans les mêmes conditions que le tir au fusil